Avec l’arrivée du mois d’avril, on s’apprête à célébrer le retour du printemps et des beaux jours qui nous ont tellement manqué. Mais le 1er avril, je fêterai aussi le 4ème anniversaire de mon installation au Québec ! Et quel anniversaire quand on sait que vivre au Canada, ce n’est pas quelque chose que j’avais planifié

À l’origine, je ne devais rester que 6 mois et au final, me voilà toujours là 4 ans plus tard ! La vie au Canada m’a permis de vivre tellement de nouvelles choses que j’ai prévu une série d’articles pour en parler en détail. Mais avant de vous dire tout ce que l’installation au Québec a changé dans ma vie, laissez-moi vous rappeler mon histoire et vous donner mon ressenti après 4 ans de vie à Montréal.

chute de montmorency

Pourquoi je suis allée vivre au Canada ?

Je décide de partir en stage à Montréal

Retour en arrière et précisément en 2016, date à laquelle je commence ma dernière année de Master en Management des Activités Hôtelières et Touristiques (nom barbare pour dire que j’ai fait des études de management hôtelier) à l’IAE de La Rochelle.

Je choisis volontairement de ne pas faire d’alternance, pour avoir la possibilité de conclure mon master par un stage à l’étranger. En effet, pour valider mon cursus, je dois valider 6 mois de stage. 

À l’époque, je reviens de 4 mois d’expatriation à Boston et l’expérience de la vie à l’étranger me manque. J’ai entendu beaucoup de bien sur Montréal, alors je tente ma chance en envoyant ma candidature au bureau montréalais de Atout France (l’agence responsable du développement touristique de la France à l’étranger). 

Je réussis à obtenir un entretien en visio et je décroche le stage de mes rêves : 6 mois en tant qu’assistante e-marketing ! Quelques mois plus tard, le 1er avril 2017, après avoir obtenu le visa nécessaire à mon installation au Québec, j’embarque pour une nouvelle aventure qui ne devait durer que 6 mois…

panneau d'Accueil à l'aéroport de montreal

Je décide de prolonger mon séjour en tant que touriste

6 mois complètement dingues de vie à Montréal commencent. J’ai la chance d’être tombée l’année des 375 ans de Montréal et des 150 ans du Canada (oui oui, Montréal est plus vieux que le Canada). Il y a donc encore plus d’activités qu’à la normale qui sont organisées dans tout le pays.

Je parcours le Québec, en long, en large et en travers avec mes 3 acolytes préférées, Mathilde, Élodie et Cynthia, elles aussi en stage pendant 6 mois. Mais mon installation à Montréal prend un vrai tournant lorsque je rencontre celui qui partage encore ma vie aujourd’hui.

Et oui, quand la fin de mon aventure touche à sa fin, devoir dire au revoir à ma douce moitié ne me plaît pas vraiment. Et puis, à l’époque, j’ai 23 ans, je viens de terminer mes études et je dois rentrer dans la vie active. Je ne me sens pas du tout prête à commencer la routine métro-boulot-dodo !

Je décide donc de rentrer en France pour revoir mes proches, mais je repars presque aussitôt, 2 semaines plus tard, pour une nouvelle aventure, bien plus stressante.

Une demande de PVT est lancée pour vivre au Canada plus longtemps

Et oui ! Car vivre au Canada, c’est cool, mais quand on n’a pas de revenu, c’est compliqué. Je fais donc une demande de PVT pour obtenir un permis de travail qui m’autoriserait à travailler sur le sol canadien.

J’ai la chance d’être rapidement tirée au sort et j’active mon PVT en mars 2018, soit 6 après la fin de mon stage (je vous prépare un article pour vous parler des démarches nécessaires pour l’obtention de ce PVT).

Ensuite, je trouve un travail assez rapidement dans le digital (plus du tout dans le tourisme, si vous suivez bien) et je commence une vie montréalaise bien sympathique. Depuis, j’ai prolongé ce PVT en permis A75 et j’ai lancé une demande de résidence permanente. Mais d’un point de vue plus personnel, j’ai vécu pas mal de choses qui font de cette expérience de vie au Canada un vrai succès.

toronto
skyline de montreal

6 choses complètement folles que j’ai faites depuis que je vis au Canada

J’ai survécu aux hivers québécois !

Ici, quand on rencontre un autre expat’, on ne dit pas “Ça fait 4 ans que je suis là”, mais “C’est mon 4ème hiver !”. Et oui, les hivers peuvent être rudes au Québec ! Encore cette semaine, il faisait -27 degrés en ressenti…

Mais j’ai connu l’hiver le plus froid alors que je venais seulement d’arriver, avec des températures ressenties descendant jusqu’à -38 et plus de 40cm de neige en une seule tempête. Malgré tout, je ne suis pas encore lassée.

Il est vrai que quand le mois d’avril arrive et que ça fait 6 mois qu’on a froid, j’ai hâte de pouvoir ranger mon manteau et mon bonnet (ou ma tuque, comme on dit ici). Mais à la fin de l’été, j’ai toujours hâte de m’envelopper dans une couverture, un chocolat chaud à la main pour regarder la neige tomber.

J’ai eu de belles opportunités professionnelles

Vous vous souvenez un peu plus tôt, quand je vous disais que j’avais fait des études dans le tourisme ? Et bien j’ai complètement changé de voie ! Peut-être qu’un jour je retournerai à mes premières amours, mais pour le moment, je travaille dans le marketing digital en tant que consultante SEO (du référencement naturel).

Et justement, c’est grâce à la vie au Canada que j’ai pu me réorienter aussi facilement et décrocher un bon boulot. Ici, la motivation est un critère très important et le milieu du digital est en pleine expansion. Un combo gagnant pour moi !

L’ambiance de travail est vraiment sympathique. Bien évidemment, ça dépend des boites dans lesquelles on travaille, mais globalement, c’est moins strict qu’en France. Ici, pas de problème si tu quittes le travail à 17h tous les jours, à partir du moment où tu as fais tes heures. Si tu veux te teindre les cheveux en rose, alors que tu es directeur marketing dans une start-up, pas de soucis non plus !

Certains bureaux ont des avantages sympathiques, comme vous pouvez le voir sur la photo en dessous ! Malheureusement, nous sommes en télétravail depuis mars 2020. Mais sinon, nous avons accès à une terrasse sur le toit pendant tout l’été. Et mon bureau étant au dernier étage, ça m’est arrivé d’aller faire mes meetings sur le toit, tout en continuant de profiter de la wifi. Pas mal, non ?

vue sur montreal depuis le mile end

J’ai acheté un appartement à Montréal

Et oui, c’est assez dingue quand on le dit comme ça, mais mon conjoint et moi, nous avons investi au Québec et acheté notre premier appartement à Montréal. Vivre au Canada peut coûter cher quand on est en location dans la plus grande ville du Québec. Le marché immobilier étant complètement dingue ici. Le projet d’achat n’a pas été une mince affaire et nous avons été vraiment soulagés quand on est sorti de chez le notaire !

C’est un projet encore tout récent, nous sommes donc encore en pleine rénovation pour le décorer à notre image. Un vrai petit plaisir !

Je vous prépare également un long article pour vous raconter tout ça dans les prochaines semaines.

pile de cartons

J’ai découvert des paysages grandioses

Le Québec est réputé pour sa nature et je dois dire que c’est bien vrai. Les parcs nationaux sont absolument grandioses ici. Que ce soit La Mauricie et ses vues sublimes sur des petits lacs, ou le Parc du Mont Tremblant et ses chemins escarpés, il y a de la matière pour les amateurs de randonnées.

Quand j’ai débarqué au Canada, j’avais soif de découvertes, J’ai voulu optimiser mon temps autant que possible (je n’étais censée rester que 6 mois !). C’est pour cette raison que j’ai bougé presque tous les week-end pendant mon stage. 

J’ai ainsi pu découvrir de nombreux petits coins de paradis. Un road-trip vers le Saguenay avec des amis m’a permis de découvrir le nord du Québec. Un week-end à Toronto pour aller voir les Chutes du Niagara m’a complètement émerveillée. Mais je suis aussi tombée sur des petites merveilles, comme le village de Niagara-on-the-Lake. J’en ai vraiment profité au début, en allant également aux États-Unis, à Boston ou à New-York.

Malheureusement, depuis quelque temps, j’ai un peu laissé de côté cet aspect découverte. Déjà, car j’ai consacré toutes mes vacances à mes retours en France (et ici on a que 3 semaines de congé par an, ça part très vite). Mais aussi à cause de la COVID et des confinements répétés. Et puis, mine de rien, je suis peut-être rentrée dans cette routine métro-boulot-dodo que je cherchais tant à éviter…

Mais j’espère bien que 2021 marquera un nouveau départ ! Il y a encore plein d’endroits que je rêve de découvrir au Canada, que ce soit dans l’Ouest, ou dans l’Est…

chutes du niagara
vivre au canada dans un petit village quebecois
parc de la mauricie

J’ai fait plein de nouvelles activités typiquement québécoises

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que j’aime bien tenter de nouvelles choses ! Et forcément, vivre au Canada, ça veut dire tester toutes les activités du coin.

Au bout de 4 ans, je peux vous dire que je suis devenue une inconditionnelle du lancer de haches ! Mais j’ai aussi adoré toutes les activités hivernales. J’ai d’ailleurs eu la chance d’essayer le chien de traineau ou les balades en motoneige quand mes parents sont venus me rendre visite.

Mais s’ il y a bien une activité d’hiver que je n’avais pas prévu de faire, c’est le ski de nuit ! Et oui, ici, c’est très commun d’aller skier le soir, après le travail. Les stations de ski les plus proches de Montréal se trouvent à une petite heure de route. On est loin du dénivelé des Alpes, mais c’est tout de même très sympa d’aller descendre quelques pistes après une journée de travail.

 En revanche, il faut être bien couvert, car rester coincé sur un télésiège pendant 45 minutes par -30 degrés, ça fait mal ! Et oui, c’est du vécu !

skier de nuit a saint sauveur
skier de nuit au quebec

J’ai assisté à plein de concerts gratuits

En été, bien évidemment, ce sont les festivals qui m’ont marqué. Montréal devient un endroit magique de Juin à Août, avec une multitude de concerts gratuits donnés en pleine ville. 

J’ai eu l’occasion de voir de nombreux artistes français comme Julien Doré, Tryo ou encore Vianney. Mais bien évidemment, j’ai aussi pu découvrir des groupes québécois, comme les Cowboy Fringants ou les 3 Accords.

Lorsque les journées chaudes reviennent, il y a une ambiance particulière à Montréal. Tout le monde se balade dans les rues, on prend un vrai plaisir à profiter de tous les attraits de la ville. On déambule dans le Vieux Port, on regarde les feux d’artifice de la Ronde ou on pique-nique dans l’un des nombreux parcs de la ville. Une ambiance comme je n’en ai jamais vu ailleurs. 

concert de vianney aux francofolies de montreal

Je me suis fait des amis pour la vie

Je finis peut-être sur une note un peu niaiseuse, comme on dit en bon québécois, mais c’est ce dont je veux me souvenir de ces 4 ans.

J’ai débarqué au Québec en tant que jeune adulte, les étoiles plein les yeux, prête à m’amuser et impatiente de vivre une nouvelle expérience. Après mon semestre à Boston, je savais que je rencontrerais des gens extraordinaires ici, mais je ne pensais pas qu’ils me feraient rester à Montréal.

Alors oui, la première personne à laquelle je pense est mon Seb d’amour, qui a bouleversé tous les plans de vie que j’avais en tête. Mais j’ai également construit de vraies amitiés. Je suis toujours en contact avec mes 3 copines de stage, et même si elles sont rentrées en France, je sais que l’on arrivera à se réunir un jour, que ce soit ici ou en France.

4 ans plus tard, je peux dire que je me suis créée un vrai groupe d’amis. Des gens que je prendrais un vrai plaisir à retrouver, quand les rassemblements seront de nouveau autorisés. Ça peut être des collègues de travail qui sont devenus un peu plus que ça, ou des rencontres éphémères qui se sont transformées en réelle amitié.

Je connais quelques québécois, mais mes meilleurs amis montréalais sont français. Je vous entends déjà crier : et alors, l’intégration ? Sachez déjà que les québécois sont très gentils, mais pas très ouverts avec les français. Ils ont leurs groupes d’amis et ne cherchent pas forcément à l’agrandir. C’est peut-être une manière de se protéger aussi, quand on sait que la plupart des français repartent au bout de quelques mois…

Et puis mine de rien, je suis française, et dans un sens, c’est réconfortant de se retrouver avec d’autres français, qui vivent la même chose que moi, qui connaissent les mêmes difficultés et qui partagent les mêmes manques. Alors non, je n’ai pas honte de dire que mon cercle d’amis est français, au Québec. 🙂 Ça ne m’empêche aucunement de vivre la vie à la Montréalaise !

groupes de filles devant la montagne au quebec

Vivre au Canada : est-ce que je le recommande ?

Sans hésitation : oui. Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’aller dans les extrêmes comme moi, en achetant un appartement et en vous installant pendant plusieurs années. Mais si vous avez l’opportunité de venir, ne serait-ce que pour quelques mois, n’hésitez pas une seconde. Vivre au Canada est une expérience unique.

La vie au Canada est détendue. Pas de prise de tête, moins de stress. On y voit des paysages grandioses, on découvre une culture complètement différente. Mais surtout, on relativise beaucoup de choses.

Même si vivre au Canada est une parenthèse imprévue dans ma vie, que j’apprécie fortement, je sais que je n’y resterai pas toute ma vie. Pourquoi ? Car même si je me suis construit une vie ici, que j’ai des amis et un petit cocon bien confortable avec mon conjoint (et nos chats !), on reste loin de nos proches. 

Tous les expatriés n’auront pas le même ressenti que moi, j’en ai conscience. Je sais que la famille est joignable facilement grâce aux nouvelles technologies (on est d’ailleurs devenu des experts des appels en visio !), mais ce n’est pas la même chose que les repas de famille en face-à-face.

Sachez qu’avec le temps, c’est toujours difficile de refuser des invitations à des anniversaires parce qu’on est trop loin. Mais c’est encore plus dur de voir qu’on ne prend même plus la peine de vous inviter…

Alors pour le moment, pas de retour imminent prévu en France, mais je compte bien profiter un maximum de cette chance d’expatriation, emmagasiner autant de souvenirs que possible et vivre ma vie au Canada à fond !

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